Lassitude
Je suis là
J’attends comme un chien triste et fourbu
Un clown gris au nez arc-en-ciel
J’agis en idiot qui tente la traversée du désert sans eau
Mais quel homme voudrait emboîter mes pas dans ce changement que je traverse
Un paysage sans vie mais mobile
Un je ne sais quoi qui n’existe pas
Si ce n’est ce mensonge discret qui se veut la fortification d’une fondation dépourvue d’espoir
Mais est-ce si tragique ?
D’être juste ce mec qui courbe l’échine
Loin de l’affliction des statues de boue
Mes mots comme des lanières souffrantes frappant les images figées d’un cinéma intérieur aux fauteuils ravaudés, à l’écran fatigué et souillé
Que tu as de la chance, bel enfant, de pouvoir capter l’infini dans tes mains étranges qui sentent ce parfum antique et magique
Loin de mon esprit barbelé et de mes entrailles frémissantes sous les bombes où mon corps se disloque
Mon cœur instable irrigue des amibes de cristal qui aspirent à un monde nouveau sans possibilité de détours
Et je vois au loin tes pas qui s’effacent
Je veux bien du changement
Mes yeux se ferment sur tes formes qui visitent mes limbes en de multiples volutes de fumée
C’est un plaisir d’être dans le vrai et la beauté
Et j’expire en un souffle le désir secret que l’amour de nouveau reviendra